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L'influence de DAMIA (CHRIS) sur l'île Rodrigues.

Nom
Traj
Image sat
Date
Heure
Type
Distance
Pression
Pluie
Vent
Détails du cyclone

DAMIA (CHRIS)

16.01.1982
14 UTC (18h locales)
Cyclone tropical
75 km au Nord (s'affaiblissant)
993,4 mb
-
182 km/h à P. Canon (200 km/h dans l'intérieur de l'île)

 

Détail

16 janvier 1982 - Le cyclone Damia passe au nord de Rodrigues.

Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1982, le cyclone Damia, qualifié de “monstre” par des journaux mauriciens, passe à quelques kilomètres au nord de Rodrigues, faisant sept blessés et causant d’importants dégâts à l’agriculture de cette île. Fort heureusement, il se désagrège à 200 km de Mahébourg alors qu’il fonçait en direction de Maurice et s’éloigne en déviant sa course de l’ouest-sud-ouest au sud-ouest.

Rodrigues souffre beaucoup du passage de Damia. Des rafales de 181 kilomètres à l’heure sont enregistrées au plus fort de la tempête. La récolte de maïs est entièrement détruite. Le réseau téléphonique est affecté à 75%. Les communications téléphoniques sont d’ailleurs coupées entre Maurice et Rodrigues. Le réseau électrique est hors d’usage à 40%. On signale des inondations à Port Mathurin et plusieurs maisons sont envahies par les eaux pluviales. Les routes sont impraticables. De nombreux pêcheurs perdent leur principal outil de travail, leur pirogue. Les pertes sont considérables au niveau du bétail. La météo perd quelques-uns de ses équipements. Les réfugiés se comptent par centaines dans les salles de classe.

Sitôt la levée de l’alerte IV, le commissaire résident, le Dr Sydney Moutia, parcourt l’île et soumet un rapport préliminaire au Premier ministre intérimaire, Sir Veerasamy Ringadoo. Celui-ci décide l’envoi d’une mission pour évaluer les dégâts causés à Rodrigues par le cyclone Damia. Le directeur du Plan, Manou Bheenick dirigera cette mission d’évaluation et de constat des dégâts cycloniques.

La situation est d’autant douloureuse pour la population rodriguaise que le passage de Damia intervient après plusieurs années de sécheresse. Agriculteurs et éleveurs, découragés par ce contretemps, ont graduellement abandonné leurs cultures et élevages. Le retour des grandes pluies leur a rendu espoir. Un espoir que Damia vient anéantir, en cette nuit du 16 au 17 janvier 1982.

Sept personnes, blessées pendant le passage de Damia sont en observation à l’hôpital de Crève-Cœur. Leur état de santé n’inspire toutefois aucune inquiétude particulière.

Un premier relevé provisoire indique la destruction de 18 maisons et de sérieux dégâts dans une quarantaine de cas. On estime à 30% la destruction des forêts rodriguaises. Dès la soirée du dimanche 17 janvier, l’électricité peut être rétablie à 60% sur l’île.

Des diplomates onusien, européen, français, anglais, américain et indien, se joignent à la délégation Bheenick. Ils sont MM. J.P. Schellenberg, H. Brizio, D. White, R. Sorby, L. Wollemborg. En font aussi partie B. Mungur, ingénieur aux Travaux, A.S. Soobratty des Finances, B. Sultani du ministère des Affaires rodriguaises. Le MMM/PSM voudrait bien envoyer à Rodrigues une délégation composée de Finlay Salesse, Ti-Moignac et de Jocelyn Patient. Mais pas de place pour eux à bord des Twin Otters d’Air Mauritius.

Globalement, Rodrigues a essuyé, pendant 48 heures, des rafales entre 120 et 184 kilomètres à l’heure. Les premiers relevés pluviométriques signalent qu’il est tombé 11 pouces (environ 27.5 centimètres) de pluie pendant le passage de Damia.

A Maurice, le mécontentement est général car l’alerte cyclonique No III n’est enlevée que dans la matinée du lundi 18 janvier. La plupart des Mauriciens se réveillent, ce jour-là, en état d’alerte cyclonique et se préparent à une journée chômée pour cause de cyclone. Patatras ! Voilà la MBC Radio qui fait soudain savoir qu’il n’y a plus d’alerte cyclonique, que tout le monde a intérêt à se pointer au bureau ou à l’usine s’il ne veut pas essuyer un blâme.

L’exaspération des Mauriciens est d’autant plus grande que l’annulation de toute alerte cyclonique ne supprime pas les dernières rafales ni les forts passages pluvieux. Les autobus circulant ne sont guère nombreux et en tout cas insuffisants pour donner place aux nombreux usagers maussades et maugréant, poireautant aux arrêts intermédiaires. La confusion est d’autant plus grande que la météo de la Réunion avoue ne pas comprendre la précipitation avec laquelle la météo de Maurice enlève toute alerte cyclonique alors que Damia peut, à tout moment, reprendre de l’intensité et se diriger de nouveau vers Maurice ou la Réunion. Une façon comme une autre d’accuser notre météo de faire la pluie et le beau temps.

Source : lexpress.mu