HYACINTHE  Cyclone tropical, saison 1979/1980

Le système HYACINTHE a été baptisé le 17.01.1980 à 00 UTC, il a atteint le stade de Cyclone tropical.
Le vent soutenu en mer a atteint 148 km/h avec des rafales à 184 km/h.
Trois îles ont été touchées par ce système.


Image reçue le 25 janvier 1980 à 03:26 UTC - Sat NOAA Vis. Source : Image satellite dans le canal du visible, provenant du site NOAA.

Valeurs maximales

Valeurs maximales atteintes par HYACINTHE, le 19 janvier 1980 à 00 UTC  
Intensité sur l'échelle de Dvorak (nombre Ci) 4,5/8,0
Intensité sur la classification Australienne 3/5
Pression estimée au centre 964 mb
Vent moyen sur 10 mn (donnée Météo-France) 120 Km/h, 65 Kt
Vent moyen sur 1 mn (donnée Météo-France) 139 Km/h, 75 Kt
Vent moyen sur 1 mn (donnée JTWC) 130 Km/h, 70 Kt
Vent moyen sur 1 mn (intensité atteinte la plus probable) 148 Km/h, 80 Kt
Rafales 184 Km/h, 99 Kt

 

Tableau des impacts sur les îles

Îles
Distance et intensité correspondante
Date
Alerte
Détails
Maurice 85 km au Nord, au stade de dépression tropicale (stable) 17.01.1980 à 03 UTC non renseigné
Réunion 95 km au Nord, au stade de tempête tropicale modérée (s'intensifiant)

125 km à l'Ouest, au stade de cyclone tropical

60 km au Sud, au stade de forte tempête tropicale (s'affaiblissant)
18.01.1980 à 00 UTC

24.01.1980 à 12 UTC

27.01.1980 à 09 UTC
Alerte n°1


Alerte n°3


Alerte n°3
Madagascar Sur l'île (île Ste Marie), au stade de tempête tropicale modérée (s'affaiblissant) 20.01.1980 à 18 UTC non renseigné

Le journal télévise d' Antenne 2

Le journal télévisé de France Télévision, le 27 janvier, le 28 janvier (à 14 min 12s) et le 29 janvier (à 14 min 15s)

Remarque : Positionner le curseur suivant le temps indiqué ci-dessus afin de visualiser le reportage directement.

Les photos de Hyacinthe à la Réunion

Conclusion

Le 15 janvier, l'extrémité d'une perturbation polaire passe entre Madagascar et les Mascareignes tandis qu'un front froid secondaire ondule au sud de la Réunion et donne naissance à une petite dépression (1 005 mb au centre). Au nord des Mascareignes, vers 10°S, la ZCIT s'incurve vers le sud à la hauteur de 60°E ; dans son prolongement apparaît une petite masse nuageuse confirmant l'existence d'un minimum (évalué, lui aussi, à 1 005 mb) au sud de Saint-Brandon.

Le 16 janvier, les deux dépressions disparaissent et une vaste zone de basses pressions s'étend de 10 à 25°S et de 52 à 63°E avec un minimum de 1 005 mb localisé entre la Réunion et Maurice. Ce minimum évolue le 17 vers le nord-est de la Réunion par suite d'une poussée anticyclonique de sud-ouest. Ce minimum donne naissance à Hyacinthe. Il évolue, en effet, en faible perturbation tropicale et se déplace lentement vers l'WSW. Le 18, il passe à 100 km au NNW de la Réunion et sa vitesse de déplacement s'accroît. Il est alors fortement alimenté en air froid aussi se développe-t-il et, dans la nuit du 18 au 19, il se mue en cyclone tropical. La dorsale anticyclonique axée sur la côte orientale malgache le rejette pourtant vers le NNW.

L’œil devient visible le 19 janvier par 19° 9'S et 52° 2' E sur la photo du satellite NOAA 6 : Hyacinthe atteint alors la phase X 4.

Le 20 janvier, la trajectoire s'incurve vers l'ouest et menace Madagascar. Mais l'intensité diminue, passe au stade de dépression tropicale modérée. Le relief côtier la détourne vers le nord en direction de Sainte Marie. Hyacinthe amorce une boucle à la hauteur de la baie d'Antongil puis oblique vers l'est, ensuite vers le sud-est et enfin vers le sud. Le 21 la boucle est fermée. Les 22 et 23 la dépression se dirige vers le SSE. A la suite d'une nouvelle boucle effectuée, Hyacinthe se rapproche des Mascareignes. Plusieurs jours durant, elle évolue à faible distance de la Réunion, passant au plus près de cette île le 27 janvier (à 70 km au sud). Ensuite, elle s'éloigne vers le sud-est puis vers le sud-ouest  et  s'intègre  enfin   dans  le  courant  des perturbations populaires.

Source : Mad. Rev. de Géo. n°38 Janv.-Juin 1981, by G. DONQUE

Votre experience avec HYACINTHE

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Le 21-06 à 14:27 para84 nous a raconté,


Bonjour,
fraichement débarqué à la Saline les Bains début janvier 1980 en tant que para au 1er RCP, nous nous sommes pris Hyacinthe en pleine "tronche" quelques jours après notre arrivée.
Après le passage de Hyacinthe, nous étions au service de la population. Alors que je surveillais l'accès de ce qu'il me semblait être le club med ou nous ramenions de pauvres malheureux ayant tout perdu, un homme est venu m'interpeller en vociférant des mots que je ne comprenais pas et pour cause il ne parlait que le créole. Mais au bout de quelques minutes j'ai enfin saisi ce qu'il voulait me dire et j'ai aussitôt appelé le sergent J.L. R à qui j'ai tout expliqué. Nous avons emboité le pas derrière cet homme, nous allions mettre au monde un bébé!!! cet homme habitant une masure isolée n'a pu prévenir les secours puisque les com étaient coupées. Nous nous sommes donc chargé d'accoucher cette femme et une petite fille est née... Prénommée Hyacinthe. Nous sommes en 2017 et malgré des recherches je n'ai jamais pu retrouver cette fille qui a donc 37 ans maintenant. Si par hasard ce message pouvait servir de lien.
Merci.


para84



Le 08-01 à 13:14 Nicole nous a raconté,


Le cyclone Hyacinthe, en février 1980, s'est baladé autour de l'île pendant presque 15 jours, formant des boucles : partant et revenant deux fois, drainant énormément de pluie et causant beaucoup de dégâts, non pas tant par les vents que par les pluies diluviennes. J’habitais Ste-Clotilde à cette époque, près du pont de la ravine des Deux Canons, tellement submergée, que le Préfet est venu en pleine tourmente se rendre compte du danger sur les lieux et a donné l’ordre de faire sauter la digue en aval pour éviter les inondations des habitations. J’habitais en amont mais les pompiers sont quand même venus nous évacuer mes enfants et moi. Les enfants qui étaient encore petits à l’époque étaient ravis de monter « dans le camion de pompiers » ! Plus de peur que de mal puisque le lendemain matin, après une nuit passée chez un membre de ma belle-famille, on était revenus à la maison.

Le pire arriva quelques mois après le passage du cyclone, soit en juin de la même année. En effet, la falaise de la route du Littoral ayant été copieusement arrosée et ravinée, le début de la saison sèche revenu avec le soleil causa un dessèchement et un effritement de la terre qui contenait tant bien que mal les gros rochers suspendus au-dessus de nos têtes !

Un matin à l’aube de ce mois de juin, tout un pan de la falaise située à l'entrée du tunnel avant d'arriver à St-Denis s’est effondré jusqu’à la mer. On en voit encore aujourd’hui les stigmates, comme une plaie, recouverte par les filets de protection.
Bilan :
- trois jeunes qui revenaient de St Pierre en voiture écrasés sous l'amoncellement de terre et de roches (on ne les retrouvera que plusieurs semaines après avoir commencé à déblayer la route côté mer),
- route totalement fermée pendant un mois avec détour par la montagne, puis ouverte seulement côté mer pendant un an !
- Route totalement ouverte près d'un an et demai après l’évènement. La galère pour moi qui habitait St-Denis et travaillait sur le Port !

C’est vraiment le cyclone qui m’a le plus marquée par sa durée, les dégâts, et aussi à cause du drame terrible qui s’est joué pour ces 3 personnes fauchées en pleine jeunesse.


Nicole



Le 02-10 à 15:09 Philippe Chauveau-Beaubaton nous a raconté,


Le 04 février 1980, juste après le passage dévastateur du cyclone "Hyacinthe", nous embarquions à bord d’un Boeing 747 d’Air France à l’Aéroport d’Orly pour aller aider les populations de l’Ile de la Réunion qui venaient d’être sinistrées. Après avoir survolés, durant de longues heures, une partie de l’Afrique en passant par Djeddah en Arabie Saoudite ainsi qu’au-dessus du Kilimandjaro et de Madagascar... nous entamions notre descente vers l’Aéroport de Saint Denis de la Réunion.

Avant tout, il fallait porter aide et assistance aux blessés, aux enfants, aux vieillards et aux sans abris car beaucoup de maisons sans fondations appelées "cases" avaient été détruites par ce cyclone une rare intensité.

Pendant ce temps, la Légion Étrangère et les renforts de Gendarmerie venus du Continent œuvraient à rétablir les voies de communication et principalement la route de littoral qui étaient barrée par d’importants éboulis.

Après plusieurs semaines, La Réunion ne portait presque plus de traces de "Hyacinthe".

Pendant notre séjour, nous demeurions dans une des salles de classe du collège "La Jamaïque" dans le quartier du Chaudron et comme des liens forts avaient été tissés avec les habitants de l’Ile Bourbon (ancien nom de l’Ile de la Réunion), nous étions invités un peu partout pour fêter le retour à la vie.


Philippe Chauveau-Beaubaton