Les cyclones c'est quoi?

Dans cette rubrique, vous allez découvrir et comprendre comment fonctionne un cyclone tropical.

Bonne découverte, Julien

Les dangers du Cyclone

Les dégâts cycloniques

Les mouvements de l'air et les perturbations atmosphériques ont des conséquences matérielles et humaines identiques, qu'il s'agisse de cyclones, de tornades, de tempêtes maritimes ou terrestres. L’agression primaire liée au vent est mécanique et directe. La force et les changements de direction, notamment au niveau des murs de l'œil occasionnent de fortes destructions (habitat, infrastructures, végétation). A maturité, l'envergure du cyclone couvre des centaines de kilomètres carrés. La force du vent est proportionnelle au carré de la vitesse: à 125 km/h, la force est de 160 kg/m², à 250 km/h elle passe à 625 kg/m². Selon le Centre National des ouragans de Miami, l'énergie serait comprise entre 50 000 et 200 000 milliards de watts, ce qui reviendrait à faire exploser chaque seconde une bombe 5 fois plus puissante que celle d'Hiroshima.
L'agression secondaire est due aux phénomènes d'accompagnement: pluie, raz de marée. Les précipitations sont d'autant plus importantes que le système se déplace lentement: inondations, éboulis, routes emportées. La houle cyclonique générée par le vent, provoque des mini raz-de-marée excédant 15 mètres au déferlement.


Le vent :

Les dégâts que l'on enregistre par les effets des vents sont dus à leur force exceptionnelle et aux changements brutaux de direction. Il faut savoir que l'énergie libérée par le vent est proportionnelle au carré de sa vitesse : ainsi un vent de 200 km/h sera quatre fois plus dévastateur qu'un vent de 100 km/h ! De plus un vent de 120 km/h exerce une pression de 150 kg par mètre carré, un vent de240 km/h une pression de 600 kg/m² ! D'autre part, le vent souffle en rafales : il ne s'agit donc pas d'une poussée continue, mais d'un effet de percussion particulièrement destructeur.

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Le demi-cercle dit dangereux :

Nous savons que les vents les plus forts dans un cyclone se trouvent dans le "mur de l'œil".  Ce vent est encore plus puissant dans une partie précise du système. En effet dans l'hémisphère Sud, les vents proches de l'œil tournent dans le sens des aiguilles d'une montre. Suivant la direction du météore et de sa vitesse, le vent au centre est additionné à son déplacement, comme le montre le schéma ci-dessous. C'est pour cela qu'un cyclone se dirigeant vers l'Ouest, aura des vents plus puissants dans son demi-cercle sud, qu'à son demi-cercle Nord.
Le capitaine d'un navire lors d'un cyclone en mars 1925 à proximité de la Réunion, avait bien compris ce phénomène physique pour "éviter" les effets les plus néfastes d'un cyclone, en rejoignant la partie dite "maniable".
Par application, si un cyclone passe au Nord de l'île, faisant cap vers l'Ouest : la vitesse de déplacement du cyclone s'ajoute à celle des vents => l'île se trouve dans le "demi-cercle dangereux" ; de  gros dégâts sont à craindre. Si au contraire le cyclone passe au Sud de l'île et faisant cap vers l'Ouest, l'île ressentira "moins" les effets destructeurs du cyclone dû au vent.


Les précipitations :

Comme nous l'avons signalé dans la partie structure, le mur de l'œil est constitué des nuages les plus puissants. On admet que 50% des pluies totales du cyclone y sont concentrées ! Les précipitations sont très variables d'un cyclone à l'autre. Elles ne dépendent pas seulement de l'intensité du cyclone, mais aussi de sa vitesse de déplacement : les pluies durent plus longtemps si le cyclone se déplace lentement.
Une simple tempête peut provoquer autant voire plus de précipitations qu'un cyclone, ce fût le cas en 1980 de la Tempête Hyacinthe, ou Clotilda en 1987 qui apporta une quantité d'eau exceptionnelle sur l'île de la Réunion.
En règle générale, le passage d'un cyclone apporte autant d'eau en 24 Hr (500-1500 mm), que ce qui tombe annuellement sur Paris.

 


 

La houle cyclonique :

La houle engendrée par un cyclone dépend de nombreux facteurs : de l'intensité maximale des vents bien sûr, mais aussi de l'étendue de la circulation cyclonique (taille de la zone des vents de force tempête), de la vitesse de déplacement et de la direction de déplacement du cyclone. Dans certaines conditions, la houle cyclonique peut se propager très loin du système, parfois à plus de 1000 km.


La marée de tempête :

La marée de tempête est la superposition de la marée astronomique et de l'onde de tempête. L'onde de tempête, qui consiste en une élévation temporaire du niveau de la mer lors du passage d'un ouragan, est un phénomène souvent mal compris du public.
L'action de forts vents soufflant vers la côte provoque une accumulation d'eau. L'importance de cette accumulation dépend notamment de la configuration de la côte, de la topographie des fonds marins, et de la manière dont le cyclone se déplace par rapport à la côte. Le centre d'un cyclone est le siège d'une profonde dépression atmosphérique (928 mb au centre d'Eline, au lieu d'une pression moyenne en temps normal de 1013 mb). La surface de la mer est déformée par cette dépression : elle peut atteindre 5 m et plus. La marée de tempête, aidée par l'effet de percussion des vagues déferlantes, agit comme un bulldozer balayant tout sur son passage. C'est de loin l'effet le plus dangereux dans un cyclone.